Hors de toi
Un homme comme les autres. En sursis. Mais un peu plus que les autres. Il parle et il crève. Il n’arrête pas de crever. Il aime le funk, danser sur le funk et aussi pleurer sur les enfants brûlés de Roy Orbison. Ca oui, il aime ça. Il crève et il danse. Assez gentil, propre sur lui, son visage est rouge, c’est un homme de sang (ça lui vient des colères et des envies qui chez lui viennent toujours ensemble…Il n’y a aucune disparition de l’une au profit de l’autre, on peut dire qu’elles se chevauchent et s’accroissent mutuellement). Ce soir en particulier. C’est un homme très en colère et son désir de vous est immense. Vous le reconnaîtrez facilement.
Extraits :
"Moi aussi j’attend quelque-chose. Que quelque-chose arrive.
Je suis là, devant vous, à attendre que quelque-chose arrive.
Si vraiment, rien n’arrive… alors, nous pourrons, par exemple, passer un disque. Vous êtes libre de vous lever et de choisir un disque dans le bac, de le mettre sur la platine et de danser, comme libre de vous lever et de partir. Moi aussi, si vraiment je sens que tout ceci ne nous conduit à rien, si moi aussi je m’ennuie, ce qui je ne vous le cache pas, m’arrive souvent, surtout au spectacle, je passerais un disque que peut-être vous n’aimerez pas du tout et je serais peut-être le seul à danser ce qui sera bien-sûr un peu ridicule. Et comme j’aime mettre la musique avec un très haut volume sonore, au mieux, vous vous boucherez les oreilles en attendant que ça passe (des boules quiès sont disponibles à côté du bac à disques), au pire vous rentrerez chez vous après avoir passé une mauvaise soirée.
Mais est-ce un spectacle ? Moi aussi j’attend quelque-chose. Que quelque-chose arrive.
Je suis là, devant vous, vous êtes devant moi, et sans doute, vous n’avez pas encore mesuré toute l’étendue de ma dermatose faciale. Vous n’avez pas assez regardé, mais maintenant que je vous l’ai dit, vous ne voyez plus que cela, n’est-ce pas ? Cet homme devant moi a une dermatose faciale, très bien, et alors ? Est-ce ainsi qu’il compte nous intéresser à son sort ? Que veut dire cet homme avec ses disques et sa dermatose faciale ?"
"…Oui c’est vrai, les morts désormais vivent plus longtemps, oui, c’est vrai. Je suis le mort qui désormais vit plus longtemps. C’est une chose entendue. Ma maman est très contente, elle m’a encore à manger le dimanche, mes amis peuvent continuer à dire du mal de moi dans mon dos, mes voisins à se plaindre "qu’est-ce qu’il nous fait chier avec sa musique ! Quand est-ce qu’il en crève, de son machin ?". Et il y a tous les autres, plus au sud, à qui ont refuse cette chance d’être un mort qui vit plus longtemps. La grande caractéristique d’un mort qui vit plus longtemps, c’est que pour le rester, il faut respecter le contrat du marchand. Le marchand n’offre rien, le marchand te procure ce dont tu as besoin. En contrepartie de quoi le marchand attend que tu lui verses la valeur qu’il estime juste pour le bien qu’il te procure. C’est de ta vie dont il s’agit et le marchand le sait. Mais le marchand ne considère pas les choses sous le même angle que le tien. Le marchand n’est pas un homme qui en regarde un autre. Le jour où il le fera, il ne sera plus marchand. Il faut comprendre sa logique. Grâce à lui, certains morts vivent plus longtemps. Je suis quand même passé à quelques miles d’être un mort tout court… But...I’m waiting for the worms".
Création à l’Astrolabe le 18 novembre 2005. En partenariat avec la DRDJS.
Sur un texte et une mise en scène de Sophie Baudeuf (
),
Avec Cyril Couton (
),
Régie de Richard Couton (
).
Musique : Betty Davis, James Brown, Herbie Hancock, Maceo Parker, Roy Orbison.

Extraits :
"Moi aussi j’attend quelque-chose. Que quelque-chose arrive.
Je suis là, devant vous, à attendre que quelque-chose arrive.
Si vraiment, rien n’arrive… alors, nous pourrons, par exemple, passer un disque. Vous êtes libre de vous lever et de choisir un disque dans le bac, de le mettre sur la platine et de danser, comme libre de vous lever et de partir. Moi aussi, si vraiment je sens que tout ceci ne nous conduit à rien, si moi aussi je m’ennuie, ce qui je ne vous le cache pas, m’arrive souvent, surtout au spectacle, je passerais un disque que peut-être vous n’aimerez pas du tout et je serais peut-être le seul à danser ce qui sera bien-sûr un peu ridicule. Et comme j’aime mettre la musique avec un très haut volume sonore, au mieux, vous vous boucherez les oreilles en attendant que ça passe (des boules quiès sont disponibles à côté du bac à disques), au pire vous rentrerez chez vous après avoir passé une mauvaise soirée.
Mais est-ce un spectacle ? Moi aussi j’attend quelque-chose. Que quelque-chose arrive.
Je suis là, devant vous, vous êtes devant moi, et sans doute, vous n’avez pas encore mesuré toute l’étendue de ma dermatose faciale. Vous n’avez pas assez regardé, mais maintenant que je vous l’ai dit, vous ne voyez plus que cela, n’est-ce pas ? Cet homme devant moi a une dermatose faciale, très bien, et alors ? Est-ce ainsi qu’il compte nous intéresser à son sort ? Que veut dire cet homme avec ses disques et sa dermatose faciale ?"
"…Oui c’est vrai, les morts désormais vivent plus longtemps, oui, c’est vrai. Je suis le mort qui désormais vit plus longtemps. C’est une chose entendue. Ma maman est très contente, elle m’a encore à manger le dimanche, mes amis peuvent continuer à dire du mal de moi dans mon dos, mes voisins à se plaindre "qu’est-ce qu’il nous fait chier avec sa musique ! Quand est-ce qu’il en crève, de son machin ?". Et il y a tous les autres, plus au sud, à qui ont refuse cette chance d’être un mort qui vit plus longtemps. La grande caractéristique d’un mort qui vit plus longtemps, c’est que pour le rester, il faut respecter le contrat du marchand. Le marchand n’offre rien, le marchand te procure ce dont tu as besoin. En contrepartie de quoi le marchand attend que tu lui verses la valeur qu’il estime juste pour le bien qu’il te procure. C’est de ta vie dont il s’agit et le marchand le sait. Mais le marchand ne considère pas les choses sous le même angle que le tien. Le marchand n’est pas un homme qui en regarde un autre. Le jour où il le fera, il ne sera plus marchand. Il faut comprendre sa logique. Grâce à lui, certains morts vivent plus longtemps. Je suis quand même passé à quelques miles d’être un mort tout court… But...I’m waiting for the worms".
Création à l’Astrolabe le 18 novembre 2005. En partenariat avec la DRDJS.
Sur un texte et une mise en scène de Sophie Baudeuf (
),Avec Cyril Couton (
),Régie de Richard Couton (
).Musique : Betty Davis, James Brown, Herbie Hancock, Maceo Parker, Roy Orbison.

Publicité