Chanson d'une dame dans l'ombre
Réunir différents textes d’auteurs autour de la Shoah et essayer à partir de ce matériau d’y associer des comédiens, des musiciens et des plasticiens tient de la gageure. En effet, peut-on parler de spectacle quand il s’agit de faire entendre la parole de ceux qui ont connu l’extrême ? Peut-on composer de la musique ? Quelles images montrer ? Pourquoi ? Comment dire ? Le plaisir même que l’on prit parfois à répéter fut pour certains culpabilisant.
Nous nous sommes donc heurtés au problème de la représentation de cette souffrance, nous qui ne l’avons pas connu mais "su", et que beaucoup d’auteurs qualifient de souffrance "indicible", "incommunicable" (1).
"Les victimes de la déportation hitlérienne ne furent pas torturées et tuées en théorie ;on ne les noyait pas dans leurs propres excréments de façon symbolique. Leur dilemme fut celui de l’existence matérielle de leurs corps, et nous autres, lecteurs et spectateurs, ne pouvons ni connaître ni partager cette donnée fondamentale" (2). Que faire de cette "connaissance inutile" ? Le choix des textes ne fut pas sans poser problèmes. Que rendre, que penser, du témoignage, du poème, du roman ? Pourquoi cet auteur et non cet autre? Devaient-ont suivre l’ordre chronologique des évènements que beaucoup relatent ? Arrestation, camps de transit, camps de la mort ? L’ordre que nous avons trouvé, en les lisant, les relisant, est un choix délibéré de privilégier le rythme et l’écriture même des textes de manière à ce qu’ils se répondent plutôt qu’une réflexion basée sur la chronologie ou différentes thématiques. Il nous parut important d’y mêler des textes d’auteurs n’ayant pas forcément connu eux-mêmes l’atrocité mais qui furent marqués par elle et qui témoigne des retombées, retentissements indirects que cette catastrophe entraîna chez beaucoup d’écrivains de l’après-guerre.
Ce travail a pour but de faire entendre ces paroles, dont nous assumons par ailleurs pleinement la subjectivité du choix, et souhaite témoigner de la force de vie qui poussa ces auteurs à écrire malgré tout, à s’obstiner à tracer pour peut-être, au moins, "réussir à mettre quelque-chose à l’abri de la mort " (3).
Nous nous sommes donc heurtés au problème de la représentation de cette souffrance, nous qui ne l’avons pas connu mais "su", et que beaucoup d’auteurs qualifient de souffrance "indicible", "incommunicable" (1).
"Les victimes de la déportation hitlérienne ne furent pas torturées et tuées en théorie ;on ne les noyait pas dans leurs propres excréments de façon symbolique. Leur dilemme fut celui de l’existence matérielle de leurs corps, et nous autres, lecteurs et spectateurs, ne pouvons ni connaître ni partager cette donnée fondamentale" (2). Que faire de cette "connaissance inutile" ? Le choix des textes ne fut pas sans poser problèmes. Que rendre, que penser, du témoignage, du poème, du roman ? Pourquoi cet auteur et non cet autre? Devaient-ont suivre l’ordre chronologique des évènements que beaucoup relatent ? Arrestation, camps de transit, camps de la mort ? L’ordre que nous avons trouvé, en les lisant, les relisant, est un choix délibéré de privilégier le rythme et l’écriture même des textes de manière à ce qu’ils se répondent plutôt qu’une réflexion basée sur la chronologie ou différentes thématiques. Il nous parut important d’y mêler des textes d’auteurs n’ayant pas forcément connu eux-mêmes l’atrocité mais qui furent marqués par elle et qui témoigne des retombées, retentissements indirects que cette catastrophe entraîna chez beaucoup d’écrivains de l’après-guerre.
Ce travail a pour but de faire entendre ces paroles, dont nous assumons par ailleurs pleinement la subjectivité du choix, et souhaite témoigner de la force de vie qui poussa ces auteurs à écrire malgré tout, à s’obstiner à tracer pour peut-être, au moins, "réussir à mettre quelque-chose à l’abri de la mort " (3).
(1) Termes d’ailleurs dénoncés par Primo Lévi dans Les Naufragés et les rescapés et par l’historienne Annette Wieviorka dans Déportation et génocide.
(2) Karla Grierson, « « Vérité », littérarité et vraisemblance dans le récit de déportation », in La Shoah, témoignages, savoirs, œuvres, Cercil & Presses Universitaires de Vincennes, 1999, p. 209.
(3) Franz Kafka.
Avec Lila Tamazit (
), récitanteSophie Baudeuf (
) , récitantePascal Maupeu, guitare
Stéphane Decolly, basse
Vidéo par La Cellule 0038753K
.en partenariat avec la Médiathèque d'Orléans

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